La Maison Blanche a confirmé mercredi l'invitation de Delcy Rodriguez, présidente intérimaire du Venezuela, à rencontrer Donald Trump. Si cette visite se concrétise, elle marquera la première fois qu'un dirigeant vénézuélien se rend aux États-Unis pour une rencontre officielle avec un président américain depuis plus de 25 ans. Rodriguez a pris ses fonctions le 5 janvier, deux jours après la capture de Nicolas Maduro par les forces américaines dans le cœur de Caracas.
L'invitation révèle la stratégie pragmatique de Trump envers le Venezuela, motivée par un intéręt pour le pétrole. Le président américain cherche à maintenir son influence par plusieurs canaux: il engage Rodriguez tout en ayant confié mardi vouloir «impliquer» l'opposante Maria Corina Machado, lauréate du prix Nobel de la paix. Rodriguez reste pourtant sous sanctions américaines.
Le gouvernement Rodriguez a multiplié les concessions sous pression américaine: signature d'accords pétroliers, engagement à libérer des détenus politiques, éloignement d'Alex Saab des sphères du pouvoir, et promesse de réformes législatives pour faciliter les investissements. Les États-Unis ont en parallèle repris les vols d'expulsion de migrants vers le Venezuela. Rodriguez a déclaré mercredi devant des élus locaux: «Nous sommes dans un processus de dialogue, de travail avec les États-Unis, sans aucune crainte, pour affronter les divergences, les difficultés, les plus sensibles et les moins sensibles, pour les aborder par la voie de la diplomatie.»
Prisonniers politiques: promesses non tenues
Les promesses de libération des détenus politiques tardent à se concrétiser. Environ 150 personnes sur plus de 800 prisonniers politiques ont été libérées. Diego Casanova, membre de l'ONG Comité pour la libération des prisonniers politiques, a déploré mardi: «L'engagement de libérer tous les prisonniers politiques au Venezuela n'a toujours pas été tenu.» Rafael Tarazona, dont le frère Javier – militant des droits humains arręté en juillet 2021 – reste détenu, a déclaré mercredi: «On attend avec foi et espoir tout en travaillant à ce que Javier sorte rapidement.»
La Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) a accusé mercredi Caracas de continuer à opérer des «centres de détention clandestins». Gloria Monique de Mees, rapporteuse spéciale de l'organisme pour le Venezuela, a souligné: «La persistance de ces installations met en évidence la nature structurelle des violations et l'absence d'une surveillance institutionnelle efficace.»
Stratégie d'influence durable
Le politologue Benigno Alarcon analyse l'approche de Trump comme visant à éviter les «erreurs» du passé, notamment en Irak où l'éviction des membres du parti Baas a rendu le pays ingouvernable. Il souligne: «Les chavistes seront toujours là męme s'ils sont minoritaires.» Ces derniers contrôlent toutes les branches du pouvoir au Venezuela. Alarcon insiste: «Le problème, fondamentalement, c'est d'avoir des institutions qui répondent à l'État et non à une faction.»
Les relations entre le Venezuela et les États-Unis sont devenues conflictuelles après le tournant socialiste d'Hugo Chavez, président de 1999 à 2013. Le dernier dirigeant vénézuélien à avoir rencontré officiellement un président américain était Carlos Andres Perez, qui avait rendu visite à George H. W. Bush dans les années 1990.
Note : Cet article a été créé avec l'Intelligence Artificielle (IA).









